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Exposition sur St-Germain-des-Prés |
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| Si vous suivez l’actualité de Penandco, vous savez que nous avons suivi il y a plusieurs mois de cela, l’incroyable exposition Napoléon organisée sous le dôme des Invalides…nous avons décidé de nous rendre ce mois-ci au musée des lettres et manuscrits de Paris, notre fidèle partenaire, dans le cadre d’une nouvelle exposition sur St-Germain-des-Prés. |
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De l’ombre à la lumière…..
Âge d’or de Saint-Germain-des-Prés, les années 1945-1952 voient surgir la plupart des talents et des idées qui marqueront les trente années à venir baptisées Les Glorieuses.
Après Montmartre puis Montparnasse, qui connurent dans le passé leurs heures de gloire, Saint-Germain-des –Prés dans l’euphorie de la Libération s’enflamme au rythme des orchestres de jazz, du swing et des chansons à texte. La jeunesse de l’époque retrouve et réinvente, après des années de privations, le goût de la fête dans les caves de Saint-Germain-des-Prés :Aux Lorientais, Le Tabou, la Rose Rouge , le Club Saint-Germain, Le Vieux Colombier, la Huchette …autant de clubs qui évoquent, selon Sartre lui-même, « une aventure extraordinaire », unique dans la vie culturelle française.
Plonger dans les souvenirs d’adolescence de mes parents (eh oui...à 41 ans j’ai surtout connu les années disco), revivre une page d’histoire, vibrer en écoutant Sidney Bechet, Claude Luter, suspendre le temps l’espace d’une parenthèse délicieuse…tels furent mes sensations en parcourant l’exposition « Saint-Germain-des Prés, L’Ecume des années Vian » au musée des lettres et manuscrits. |
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Dès le début de l’exposition, je m’immerge dans le contexte général de l’époque...
A la sortie de la guerre, l’état général de la France est catastrophique, aux tickets de rationnement s’ajoute une situation politique interne aussi instable que confuse.
Le Général de Gaulle doit improviser et composer un gouvernement hétéroclite après les élections de 1945 et la création d’une assemblée constituante. Les divergences d’opinions entre communistes, socialistes, MRP d’un côté et de Gaulle de l’autre conduisent à sa démission en Janvier 1946. C’est en 1947 que débute officiellement la IVème République.Les communistes sont exclus du gouvernement avec en filigrane la guerre froide. Les grèves sont aussi nombreuses …que les changements de gouvernement de 1947 à 1958 (18 en tout !).
Après avoir été accueillis comme de véritables héros, et à juste titre, les forces américaines s’installent en région parisienne.
C’est bien dans ce creuset américain que les français vont venir puiser les notes d’une musique jusqu’ici bridée : Le jazz. La commercialisation intensive du disque a permis une diffusion très rapide.
Pour moi, n’ayant pas vécu cette période, j’ai du mal à appréhender à son juste niveau ce que fut cette folle envie de danser au rythme endiablé ou langoureux de cette musique après les nombreuses années noires. J’imagine aisément le furieux désir de les oublier et le temps perdu que l’on essaye à tout prix de rattraper.
L’exposition recrée par endroit les lieux mythiques que furent les caves aux noms mythiques, comme Aux Lorientais qui a vu les débuts de Claude Luter, le Tabou (instruments de musique, affiches…) ou bien encore le Club Saint-Germain. Trait d’union de la musique et de l’écriture...Boris Vian qui accueille de nombreux « Dieu vivants » du jazz. Louis Armstrong, Miles Davis, Sydney Bechet, Charlie Parker…. sans oublier le jazz français avec Hugues Panassié, Charles Delaunay, leaders du Hot Club de France, la guitare magique et manouche de Django Reinhardt, les accords de StephanGrappelli... C’est aussi à Saint-Germain que de jeunes inconnus font leurs premières armes : Henri Salvador, Sacha Distel, Claude Bolling... Cette partie de l’exposition est très riche en partitions, photographies et notes manuscrites, le tout sur un fond sonore d’époque.
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| Boris Vian au Musée des Lettres et Manuscrits |
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Au-delà de la musique, de nouveaux noms apparaissent et s’imposent : Jean-PaulSartre,Simone de Beauvoir, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Beckett, Jacques Audiberti, Isidore Isou, Gabriel Pomerand, Georges Hugnet, Juliette Gréco…Le Flore, Les Deux Magots et la Brasserie Lipp deviennent leurs quartier général. De nombreux manuscrits autographes de Vian, Queneau étayent cette partie de l’exposition sans oublier le document unique « Sartre et le groupe existentialiste, 1950 », composé de feuilles dactylographiées sur papier timbré avec cachet de l’enregistrement. Ce document de 1950 constitue les fonts baptismaux de l’existentialisme puisqu’il s’agit des statuts du groupe existentialiste. Le texte est lu et approuvé par Sartre, Simone de Beauvoir, Bost, Jean Cau et Merleau-Ponty.
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Sidney BECHET . Programme détaillé des réjouissances que Sidney Bechet et Claude Luter promettent à tous ceux qui viendront les écouter au Club du Vieux-Colombier.
Coll. Privée |
Affiches pour « Sacrilèges », coll. Simone Chobillon |
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Jean-Paul SARTRE Sartre et le groupe existentialiste, 1950, Ce document de 1950 constitue les fonds baptismaux de l’existentialisme puisqu’il s’agit des statuts du groupe existentialiste. Coll. privée |
Queneau, Raymond.Manuscrit autographe signé, intitulé « C’est bien connu »
Ce poème plus connu sous le titre « Si tu t’imagines », est extrait du recueil poétique L’instant fatal publié en 1946. Ce poème a été mis en musique dès 1947 par Joseph Kosma à l’initiative de Jean-Paul Sartre. Originellement, cette chanson est interprétée par Juliette Gréco. Elle fut également chantée par Mouloudji, Cora Vaucaire…
Coll. privée |
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Jacques PREVERT. Poème autographe signé, non daté
Poème extrait de Fatras (Pléïade, tome II, p 13) et parodiant Victor Hugo La légende des siècles (L’œil était dans la tombe et regardait Caïn) :
L’œil était dans la bombe et regardait tout le monde »
Coll. privée |
Boris Vian. Manuscrit autographe. Chroniques de Jazz pour les émissions W.N.E.W.
Textes manuscrits et dactylographiés des enchaînements d’une quarantaine d’émissions enregistrées par Boris Vian en 1948 et 1949 pour la radio New-Yorkaise W.N.E.W. laquelle souhaitait initier ses auditeurs au jazz tel qu’on le pratiquait en France.
Coll. privée |
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Et l’art dans tout cela ?
L’exposition aborde cette partie incontournable du phénomène Saint-Germain par la mise en valeur de documents de Gabriel Pomerand et de bien d’autres artistes encore mais également par …des nappes de restaurant ! Au détour de repas et de rencontres dans un bistrot surnommé le « Catalan », rue des Grands-Augustins, Eluard et Cocteau couvrirent ces dernières de dessins et poèmes.
Bien sûr, il est impossible de résumer ici l’exhaustivité de cette exposition qui touche à de nombreux domaines de cette période de notre histoire; si vous ne connaissez pas encore le splendide cadre du musée des Lettres et des Manuscrits, profitez en !
Nb: Je dédie cet article à mes parents Albert et Odette pour qui la lumière est toujours sortie de l’ombre.
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Musée des Lettres et Manuscrits
du 29 mai au 28 octobre 2009
8 rue de Nesle
75006 Paris
Du mardi au dimanche 10h-18h
Tél. : 01 40 51 02 25 |
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