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Interview de Patrick Poivre d'Arvor |
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Après avoir eu le plaisir d'interviewer Jean Rochefort ( interview toujours en ligne sur notre site), c'est avec un immense plaisir que nous accueillons sur notre site, le témoignage de Patrick Poivre d'Arvor, homme d'image et d'écrits.
Pour la première fois et en exclusivité pour Plume et Penandco, Patrick Poivre d'Arvor s'exprime sur sa passion du patrimoine écrit. La collection de manuscrits est donc l'un des jardins secrets du plus célèbre présentateur télévisé français. Une occasion également de faire avec lui le point sur ses nouvelles émissions télévisées de la liberté retrouvée, comme sur ses projets d'écrivain. L'homme-orchestre de l'audiovisuel est également un écrivain reconnu qui travaille "à la Plume".
Nb :Cet article est publié dans le magazine Plume n¡49 (juin-juillet-août 2009).
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Patrick et son frère Oliver |
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Gérard Lhéritier, Plume :
L’écrivain que vous êtes connaît bien l’expression « tourner la page » Est-ce que le journal télévisé vous manque aujourd’hui ?
Patrick Poivre d’Arvor : Disons que je viens de vivre une année de désintoxication, que j’ai comblée avec beaucoup d’émissions différentes, et de ce point de vue, cela m’a permis d’aller vers des passions multiples qui m’ont conduites à oublier, enfin à mettre entre parenthèses un peu de ce journal du 20h que j’ai tant aimé présenter.
Vous êtes donc libre de renouer aujourd’hui avec le reportage et de vous orienter vers vos passions : la géopolitique et la culture …
Oui, et c’est justement ce qui me rend très heureux, c’est que je fais notamment pour Arte une émission qui va être à l’antenne à partir du 11 juin, tous les mois, sur les littératures étrangères, pays par pays ; J’ai ainsi déjà tourné un 52 minutes en Egypte… et c’est par cela que l’on va commencer. Ensuite, je suis allé en Afrique du Sud, où j’ai rencontré les grands écrivains de ce pays. Puis en Haïti .. et là je vais partir au Québec, à Malte, en Serbie, en République tchèque … Tout cela me passionne et me permet de rencontrer des écrivains, de renouer avec le grand reportage.
Le titre de cette émission ?
Cette émission va s’appeler « Horizons lointains ». C’est d’ailleurs un titre tiré d’un de mes livres dans lequel j’évoquais ma passion pour les écrivains voyageurs. Dans ce livre figurent tous ceux que j’aime et dont je n’arrive presque jamais à acquérir évidemment la moindre ligne autographe : les Victor Hugo, Chateaubriand, Rimbaud, Malraux, Kessel, Paul Morand, et tant d’autres que j’ai adorés et rangés parmi le écrivains voyageurs. Ce livre est sorti il y a un peu plus d’un an aux éditions du Toucan.
Avez-vous des projets littéraires, seul ou avec votre frère Olivier ?
Je viens de sortir une anthologie de mes poèmes préférés au Cherche-midi qui a reçu un accueil formidable , ce qui m’a ravi car il est assez rare de voir la poésie figurer parmi les best-sellers. Cela m’a d’autant plus enchanté que, dans cette anthologie, des poèmes très connus du XIXe siècle, côtoient d’autres poèmes moins célèbres d’auteurs du XXe. J’ai en outre pu y faire figurer deux poèmes de mon grand-père et même l’un de mes poèmes ! J’ai intitulé ce lire Et puis voici des fleurs …, titre inspiré d’un vers de Verlaine.
Les lecteurs de Plume seront particulièrement intéressés par votre intérêt pour le patrimoine écrit. Comment vous est venue la passion de la lettre autographe et des manuscrits ?
Je ne sais pas, à vrai dire ! Selon moi, cela vient du fait que j’aurais aimé vivre ces vies d’écrivains. Jeune et même très jeune, dès l’enfance, je me suis identifié à certains d’entre eux, notamment à ceux du XIXe siècle, et j’ai certainement eu envie de leur ressembler ou de vire comme eux. Pour ne prendre que l’exemple de Rimbaud- je suis pour ma part né à Reims, lui à Charleville- dès l’âge de 14 ans, lorsque j’ai eu mon premier vélo solex, je suis allé sur sa tombe parce que je l’adorais. Au début, c’était une admiration pour les écrivains et ensuite, quand j’ai vu que je pouvais avoir les moyens d’acheter un livre ou une lettre autographe, je l’ai fait. Voici comment tout cela a commencé pour moi.
On l’aura compris, vous êtes un collectionneur de livres et de manuscrits. Quels sont vos manuscrits, pouvez-vous nous en dire d’avantage sur ce qu’il y a dans la collection de PPDA ?
Comme vous le savez, les collectionneurs sont en général assez discrets sur ce qu’ils possèdent. Cela dit j’ai été très fier de pouvoir acquérir un carnet de Victor Hugo que j’avais raté dans une vente et que j’ai pu racheter par la suite. Et puis, sans rapport direct avec l’écrit, dans une autre vente où figuraient des manuscrits de Proust, j’ai acheté la montre de Proust.
C’est un objet fabuleux !
Oui c’est formidable, surtout quand on a écrit A la recherche du temps perdu. C’était la montre qu’il avait sur son lit de mort et que sa gouvernante, Céleste Albaret, avait gardée.
Une telle collection est avant tout une passion culturelle : l’écrit est l’encre de l’émotion. Que ressentez-vous face à un texte intime et non connu que vous découvrez, de Saint-Exupéry par exemple ?
Je pense exactement, comme vous venez de le dire, que l’écrit est l’encre de l’émotion, parce que, la plupart du temps, je sens le pouls battre, je sens le sang couler dans les veines de l’écrivain, puisque ce sont les écrivains qui sont mes grandes passions. Mon émotion atteint même une certaine intensité avec un écrivain comme Saint-Exupéry qui me touche particulièrement. Je vais vous avouer l’une de raisons de mon attachement à cet auteur. Quand j’étais petit, la meilleure amie de ma grand-mère était Consuello de Saint-Exupéry. Donc je l’ai vue beaucoup, je l’ai entendue me parler de son mari et de son Petit Prince. Elle-même dessinait des Petits Princes. Elle m’envoyait des lettres en m’appelant « mon petit prince ». J’ai par la suite entretenu cette intimité avec Saint-Exupéry … J’ai ainsi appelé mon émission littéraire « Vol de nuit » en hommage à mon auteur favori, et j’ai suivi ses traces un peu partout …
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Patrick et Gérard L'Héritier |
Connaissez-vous le Musée des Lettres et Manuscrits ?
Bien sûr ! J’y suis allé récemment et j‘ai eu le plaisir d’assister à une remise du prix Saint-Exupéry jeunesse qui s’est déroulé précisément dans ce musée. Cela m’a permis de découvrir à cette occasion. Je trouve que c’est une magnifique réalisation dont nous pouvons être fiers, en ce sens où il permet de rapatrier ou du moins de conserver sur le territoire français des manuscrits qui auraient pu être dispersés un peu partout dans le monde. J’estime de fait que c’est à la fois une belle œuvre et un beau geste patriotique. Quand je suis allé par exemple aux Invalides en décembre dernier voir cette magnifique collection de manuscrits de Napoléon, j’étais fier que celle-ci soit revenue sur le sol français.
On s’est pris à rêver, à la rédaction de Plume, d’une émission de télévision centrée sur les manuscrits et leur histoire. Une émission qui pourrait s’appeler « Lettres d’Histoire, histoires de l’être » et qui serait présentée par PPDA. Qu’en pensez-vous ?
C’est incontestablement un bon concept encore faut-il qu’il y ait une chaine prête à l’accueillir, mais, bien sûr, c’est un très bon concept. |
Dans une centaine d’années, les manuscrits écrits et signés PPDA se vendront sans doute aux enchères chez Sotheby’s … quel est votre avis ?
Soyons humbles et sourions face à cela, toutefois un petit avantage – tout petit – par rapport à un grand nombre de mes contemporains : c’est que j’écris toujours à la plume. Voici la page 216 de mon prochain livre qui va sortir à la rentrée, et j’écris comme vous le remarquez, à la plume …
Je trouve cela bien de conserver ses propres manuscrits. Je ne les ai pas tous gardés, loin s’en faut, étant donné qu’à une certaine époque je les jetais. Je ne les conserve en fait que depuis une dizaine d’années.
Merci Patrick !
Propos recueillis par Gérard Lhéritier que nous remercions encore pour son aide.
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BIBLIOGRAPHIE
Patrick Poivre d’Arvor est un écrivain prolifique avec une quarantaine d’œuvres littéraires, coécrites pour certaines avec son frère Olivier Poivre d’Arvor. Une partie de son œuvre est d’inspiration autobiographique.
- Les Enfants de l’aube, J.C. Lattès publisher, 1982 ( Patrick publia ce best-seller à l’age de 16 ans, plus 1.5 millions d’exemplaires vendus ) Deux Amants, 1984.
- Le Roman de Virginie, 1985 (ré-imprimé en 2004).
- Les Femmes de ma vie, France Loisirs , 1988.
- L’homme d’image, Flammarion , 1992.
- Lettres à l’absente, Albin Michel , 1993 (lettres écrites pour Solenn sa fille,hospitalisée pour anorexie )
- Les Loups et la bergerie, Albin Michel, 1994.
- Elle n’était pas d’ici, Albin Michel , 1995 (livre en mémoire de sa fille Solen, décédée en 1995).
- Un héros de passage, Albin Michel,1996.
- Une trahison amoureuse, Albin Michel , 1997.
- Lettre ouverte aux violeurs de vie privée, Albin Michel, 1997.
- La Fin du monde, Albin Michel , 1998.
- Petit Homme, Albin Michel , 1999.
- L’irrésolu, Albin Michel , 2000 (Prix Interallié).
- Les Rats de garde, Stock , 2000.
- Le Roman de Virginie, J’ai lu , 2001.
- Un enfant, Albin Michel , 2001 (Prix du livre de Poche, 2001).
- La Traversée du miroir, Balland publisher, 2002.
- J’ai aimé une reine, Fayard , 2003.
- Courriers de nuit, (L’histoire de Mermoz et de Saint-Exupéry), Place des Victoires , 2003.
- La mort de Don Juan, Albin Michel, 2004.
- Les plus beaux poèmes d’amour : anthologie, Albin Michel , 2004.
- Chasseurs de trésors et autres flibustiers, Place des Victoires , 2005.
- Pirates et corsaires, Place des Victoires , 2005.
- Coureurs des mers, Place des Victoires , 2005.
- Le monde selon Jules Verne, 2005.
- Une France vue du ciel, 2005 (commentaries des 230 photos prises par Yann Arthus-Bertrand).
- Confessions, Lgf , 2005.
- Disparaître, Gallimard , 2006.
- Rêveurs des Mers, Place des Victoires , 2007.
- J’ai tant rêvé de toi, Albin Michel , 2007.
- Pirates et corsaires, Place des Victoires , 2007.
- Solitaires de l’extrême, Place des Victoires , 2007.
- Horizons lointains, mes voyages avec les écrivains, Toucan , 2008.
- Petit Prince du Désert, Albin Michel , 2008.
- A demain! En chemin vers ma liberté, Fayard , 2008.
- Et puis voici des fleurs…, Le Cherche-Midi , 2009.
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